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Vidéo

Vis ma vie à Luga

20 Nov

Comme vous le savez peut-être, je participe à Grand Prix V.I.E  Russie (si vous ne le saviez pas c’est alors qu’on ne se connait pas encore car j’ai parfois, comme qui dirait… une fâcheuse tendance au radotage et à l’over dosage.   Je travaille dessus, Julie me coache mais ce n’est pas facile, ça prend du temps).

Le Grand Prix V.I.E , quèsaco ? Pour faire simple : C’est un prix remis par Ubrifrance (Agence française pour le développement international des entreprises) et la Chambre de Commerce Franco-Russe qui récompense les V.I.E qui ont su s’impliquer dans leur mission.

Je me suis rendue à Moscou (où l’heure de pointe dans la ligne circulaire vous permet d’apprécier la promiscuité ainsi que de sentir le délicat toucher de la vitre du métro sur votre joue) afin de soutenir mon dossier.

Cela se passait devant un jury  d’expatriés français qui  vivaient déjà en Russie alors que je n’étais même pas née, qui ont des boulots vachement intéressants et qui en parallèle gèrent  tout plein d’activités extra professionnelles…

Pour cette fameuse présentation, j’ai tanné pendant deux mois une excellente réalisatrice vidéo et amie : Lucie de Ribier.

Je lui ai fourni des bouts de vidéos d’une qualité médiocre  avec une prise de son des plus pitoyables, des micros qui font des apparitions non contrôlées et des prises de vue dignes d’un blockbuster américain !

Bref, entre deux piges, du montage et un déménagement elle  a réussi à faire quelque chose avec les images tournées par « ЛИК-ТВ Луга , Лужская информационная компания » (Lik TV, Luga, société d’information de Luga).

Admirez le travail, cela vous donnera un petit aperçu des talents d’acteurs de notre équipe de choc et de ce que le terme « neiger » peut véritablement signifier.

Vis ma vie à Luga: la vidéo.

A bientôt, Laura

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Et oui, maintenant j’habite à Luga… и да, сейчас я живу в Луге… And so, yes, I live in Luga now…

13 Mai

Bon ne nous voilons pas la face, même si j’essaye d’impressionner tout le monde avec mes belles photos de st Pétersbourg, la réalité est tout autre… Il faut l’avouer, la ville où je passe la majeure partie de mon temps est Luga «Луга» (à prononcer Louga).

Petite leçon d’histoire géographie :

  • Luga a été créée en 1777 par Catherine la Grande, elle se situe dans l’oblast de Leningrad «Ленинградская обл» à 140 km au sud de St Pétersbourg et est traversée par le fleuve…. Luga (CQFD).
  • Selon Wikipédia (source intarissable de savoir) , mais aussi selon mes diverses discussions avec les autochtones, la ville joua un rôle central au début de la Seconde Guerre Mondiale (Grande Guerre Patriotique en Russe)  en retardant l’avance allemande sur Leningrad  (aujourd’hui St Pétersbourg).
  • Actuellement, Luga serait peuplée de plus de 35 000 âmes, qui, a mon humble avis sont soit fichtrement bien cachées soit déjà six pieds sous terre…  car honnêtement on ne se sent pas bousculé par la foule outre mesure.

Bref, il s’agit d’une petite ville de province qui ne casse pas trois pattes à un canard…

Une question que l’on peut légitimement se poser est la suivante: « mais à quoi peut bien ressembler cette fameuse ville de Luga ? ». Je ne souhaitais pas vous laisser une minute de plus dans cette attente que j’imagine insupportable, c’est pourquoi ce billet aujourd’hui.

Par un beau dimanche de mars Юлия (Julia) qui travaille avec moi et qui habite Luga depuis plus de huit ans me propose d’aller faire un tour dans les environs. Je me dis «Chic chic chic, des photos potentielles pour mon blog… en plus il y a du soleil ! J’arrive ! ». J’ai pu prendre quelques clichés hivernaux afin que vous vous fassiez une idée plus précise d’un petit morceau de campagne russe.

Les alentours sont dotés d’une jolie nature et de beaucoup d’espaces verts (bien évidemment blancs en hiver, ndlr). Les routes sont souvent dans un état plutôt déplorable (et j’écrirai absolument un article à ce propos) et les immeubles gardent quand même une forte influence soviétique dans un style plutôt vétuste et délabré dirons nous.

Un exemple typique de vieux bâtiment qui tombe en ruine, ici une usine désaffectée dans laquelle des enfants étaient en train de jouer. Je me demande bien ce que l’on pouvait y produire à l’époque…

Une ancienne usine désaffectée de Luga en hiver, mars 2012

Comme expliqué précédemment, à Luga, il y a un fleuve (ou plutôt rivière). Qui dit fleuve, dit souvent, pont ou encore animaux qui vivent là où il y a de l’eau pas très loin. Nous avons donc nourrit les canards avec du pain de la veille acheté dans un petit magasin tout près de là.

(Notez qu’en Russie vous trouverez toujours « un petit magasin tout près de là ». Il y a un nombre incalculable de « продукты » à tous les coins de rue. Ces magasins  vous vendent de la nourriture, des produits frais, de la bière, beaucoup de bière, de l’alcool et quelques produits d’hygiène de première nécessité. Attention à régulièrement vérifier les dates de péremption)

Ici Julia et une très belle vue sur la rivière de Luga ainsi que les magnifiques immeubles qui la longent…

Je vous laisse admirer ce pont où les Luguéens et Lugéennes ont laissé s’exprimer toute leur sensibilité artistique. Je ne sais pas s’ils ont tous déjà fait un tour à Paris, mais ça a presque (je dis bien presque) un côté Pont des Arts.

Un pont de Luga, dont le cadenas rose est d’un chatoyant, regardez comme ça chatoie !

Julia en pleine action.

Ce jour là nous n’étions pas les seules à nourrir les canards super résistants au froid, il y a avait aussi cette dame et son enfant.

Юлия m’a expliqué un principe russe : à chaque ville son Lénine, petite ville, petit Lénine, grande ville, grand Lénine. Bon ben à Luga on ne peut pas dire que notre Lénine soit bien grand mais il ne s’en sort pas trop mal. Ça aurait pu être pire, il aurait pu avoir la taille d’un soldat de plomb ! (et là j’aurais vraiment habité dans un bled…).

Un des parcs de Luga avec une belle statue de Lénine. Admirez mon style soviétique… que ça me va bien !

Restons dans le style soviétique, que l’on peut qualifier, disons-le clairement : de moche ! C’est un peu comme l’obélisque de la Concorde,  mais en un peu moins bien dirons-nous… Un bloc de pierres à la gloire du travail, de l’agriculture et des 200 ans de Luga.

Édifice soviétique typique à la gloire du travail de la terre notamment.

Quid de  l’art et la culture? Je ne souhaite pas vous laisser penser que Luga est dénuée de toute forme d’art ou de culture digne de ce nom. Il y a… tadammm un cinéma « кинотеатр ». D’accord, nous sommes loin de l’Imax 3D version Blu Ray ++ High Quality Definition remasterised Dolby Digital, mais il a le mérite d’exister. Oubliez le Pop Corn et les bornes automatiques, ici le confort est plutôt sommaire. Юлия voulait vraiment que je vois la salle (et surtout sa vétusté a apriori) mais au même moment un film était en train d’être projeté. Ce qui est un point plutôt positif, cela signifie qu’il est encore en activité !

Entrée du cinéma de Luga

Je crois qu’Allociné n’est pas encore franchement développé ici, donc si vous voulez connaître les horaires, le mieux est de vous reporter aux affiches… peintes à la main s’il vous plaît ! Par exemple vous pouvez-voir du 3 au 8 mars Madagascar 2 et du 10 au 15 mars Rio, (tous deux des films d’animation), concernant l’horaire, un peu plus bas sur l’affiche cela disait que c’était à 14h00.

Blague à part, je leur trouve beaucoup de charme à ces pancartes et la personne qui les peint est à mon goût, plutôt douée !

Madagascar 2 et Rio !

Encore des affiches

Les affiches du cinéma de Luga

Enfin en attendant votre séance, vous pouvez vous faire une petite partie de « Basketball », un jeu un peu à l’ancienne mais je suis sûre que l’on doit bien s’amuser. Dernier détail, dans le même bâtiment, à côté de la caisse, il y a avait aussi une table de ping-pong, allez savoir pourquoi, moi je ne sais pas… !

Basketball, un jeu de l’époque soviétique

Laura

я живу в коммуналке ! J’habite dans une Komunalka ! I live in a Komunalka !

26 Mar Cuisine de la Komunalka

J’ai passé le week-end dernier à Saint-Pétersbourg,  j’ai logé dans la même auberge de jeunesse que précédemment « soul Kitchen Hostel »  (confortable, d’excellentes rencontres et bien placée !)

Au programme, Nikita, (qui en a d’ailleurs marre de toujours recevoir des e-mails adressés à Mrs.Filimonov, merci Luc Besson…), un de mes collègues nous invite à fêter ses 25 ans. Je me rends donc samedi soir chez lui, emplacement vraiment central, près dès quais de la Neva. Sachez que j’adore visiter les appartements des autres et qui plus est dans un pays étranger, je suis donc ravie à l’idée d’approcher d’un peu plus près la véritable culture Russe. L’immeuble est assez ancien, plutôt bourgeois dirais-je, immenses escaliers et plafonds hauts. A l’ouverture de la porte, qu’elle ne fut pas ma surprise de me retrouver dans une Komunalka ! Vous allez me dire une quoi ? Rouvrez vos livres d’histoire et souvenez-vous de ces fameux appartements partagés ! Un appartement pour plusieurs familles, si on aime la promiscuité et le confort sommaire c’est parfait…

Bref, la première chose que je me suis dite « cool, un bon article à poster sur mon blog ! »  En un pas, j’ai fait un voyage à travers le temps, j’ai eu l’impression de me retrouver dans les années soixante, je ne savais pas que ce type de logement existait encore. Apparemment c’est encore assez commun à Saint-Pétersbourg et cela permet de se loger à un prix raisonnable. Ici la pièce se loue 250€ /mois et se vend environ 20000€.

Il s’agit en fait de magnifiques appartements confisqués à l’époque de la révolution. Les communistes avaient décidé que la propriété privée c’était mal et avoir de beaucoup de sous rien que pour soi encore plus ! Ils ont ainsi été divisés et mis à disposition de plusieurs familles. Ces Komunalka ont d’ailleurs était très commodes lors de l’industrialisation de la Russie quand il a fallu loger toutes les personnes issues de l’exode rurale. Moi qui aime tant les immeubles bourgeois, je trouve que c’est un gâchis sans nom, fichtre ! On y voit encore les parquets flottants, les immenses pièces et les moulures aux plafonds…. Mais nous ne sommes pas là pour parler architecture intérieure…

Comment fonctionne la Komunalka ? Et bien, le matin mieux vaut ne pas être pressé pour prendre sa douche (ni même être très regardant sur la propreté et la vétusté des sanitaires), la cuisine est équipée de plusieurs gazinières, les toilettes, il y en a deux  et les lave-linges…. Au moins trois. Nous sommes assez loin du principe de la colocation (même si Nikita partage son appartement partagé avec des colocataires,  ça fait un peu poupée gigogne tout ça…).

En France, la fondation l’Abbé Pierre serait déjà montée au créneau depuis bien longtemps, en Russie, c’est simplement tout à fait normal.

Je tenais absolument à vous faire partager cette expérience qu’on ne vous présentera dans aucun guide touristique !

Laura

Repas d'anniversaire avec salades à la russe (mayonnaise, mayonnaise, mayonnaise), poissons et un peu d'alcool.

Tatiana et moi dans la cuisine de l'appartement

Cuisine de la Komunalka

Salle de bain avec tout le confort moderne !

Moi dans la salle de bain

Couloir de l'appartement, je ne peux expliquer la présence de ces nombreux écrans d'ordinateurs abandonnés...

Un convoi pour Saint-Pétersbourg

19 Mar

Après cette longue semaine l’effervescence du vendredi se fait sentir à Luga… Effectivement tout le monde n’a qu’une hâte : rentrer à Saint-Pétersbourg !

Le trajet  des cinq covoitureurs  (Olga, Maxim, Arsalan, Nikita et moi-même) sera ponctué d’un stop dans un petit café de bord de route où vous pouvez vous restaurer avec des encas russes faits maison. Personnellement, un thé et une sorte de gâteau au fromage frais accompagné de crème fraîche, les autres (sauf le conducteur) sont déjà au vin et au beignet à la pomme de terre.

Cet engouement  pour la grande ville me convient parfaitement il facilite grandement mon déplacement. Maxim (mon binôme) au volant de sa Ford Fusion nous emmènera tous à bon port malgré l’état chaotique des routes et les dépassements plus que douteux à la russe . En effet, il ne s’agit que d’une double voie (une dans chaque sens) mais les routes sont grandes alors si on se pousse bien, on y rentre à trois, camion compris. Il faut simplement prendre l’option sur cette troisième voie imaginaire tant convoitée… si vous voyez un autre véhicule vous éclairer en pleine face, deux options : (avant tout fermez les yeux, et même si vous n’êtes pas religieux, priez …) accélérez pour terminer au plus vite votre dépassement ou freinez et rangez-vous à nouveau…

La sécurité routière a du boulot, le jour où l’on en viendra au stade de la propagande du gilet jaune, un grand pas aura déjà été fait.

 

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